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Communiquer pour cultiver ses richesses intérieures

Le silence intérieur permet de mieux s’écouter et d’accueillir les différentes facettes de soi, favorisant une unité intérieure et une perception plus fine de ses émotions et intuitions. Cette écoute intérieure, pratiquée avec patience et bienveillance, ouvre la voie à une communication plus apaisée et authentique avec les autres, étape par étape, sans se laisser distraire par les peurs ou les enjeux.
Stéphane Faure
Stéphane Faure est instructeur et fondateur de l’organisme de formation en méditation Euthymia. Il enseigne la pleine conscience à tous les publics, du débutant au pratiquant chevronné, du soignant au dirigeant.

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L’ère de la fragmentation c’est l’impression, sous-jacente ou évidente, d’être fractionné, coupé en petit morceau de soi : le soi qui s’énerve dans la voiture sur les autres, le soi qui a envie, le soi qui s’inquiète qui veut ou qui ne veut plus, le soi qui s’impatiente et qui a des certitudes sur tout…

Cette fragmentation est propice à l’isolation intérieure. Consciemment ou non, on a tendance à ne plus s’entendre dans ce bruit intérieur incessant.

Ce qu'il faut savoir

Ce qu'il faut savoir

Le rôle du silence dans la communication consciente et efficace

C’est pour cela que, bien souvent, avant de se faire entendre, il est nécessaire de savoir s’écouter. Pour s’écouter, le silence intérieur est une première étape.

Une participante à un stage de méditation disait récemment, « j’ai l’impression qu’il y a une agitation incessante en moi », et un autre de reprendre « oui, comme un bruit qui ne s’arrête jamais ! »

Ce n’est pas qu’il faut se bâillonner, juste faire en sorte que tout en soi ne parle pas en même temps.

Souvent, comme dans une cour d’école, ce sont les plus forts qui parlent en premier, c’est-à-dire les tendances basées sur la volonté de puissance, sur la peur, le manque de confiance, la volonté de s’affirmer ou le contraire. Toutes ces tendances parlent très fort entre elles.

Ce premier degré de silence permettrait d’être plus attentif à ce qui, en nous, est moins sûr, plus inquiet et qu’on essaie de cacher par ce bruit ou ces occupations continuelles.

Éric est un professionnel sportif d’équitation. Ce silence lui a permis d’être plus proche de ses peurs et de communiquer avec elles. Ses performances ont progressé de cette façon. Au départ, il considérait la méditation comme un temps de relaxation, puis comme un temps de concentration, mais finalement, il s’est rendu compte que cela pouvait améliorer la communication avec lui-même.

Imaginez des élèves qui restent silencieux dans une classe, couverts par le bruit des autres, mais qui dès qu’on leur donne l’espace suffisant, ont des choses à exprimer.

Imaginez des élèves agités qui arrivent à trouver une activité où ils canalisent cette énergie.

 

Communication verbale, non-verbale et écrite : savoir écouter

La deuxième étape de cette écoute intérieure est de pouvoir être sensible à différent type de communication, capter différents types d’informations. On croit souvent que toute communication passe par les mots, la parole, mais les arts sont aussi un moyen de propager de l’information autrement que par les mots : le dessin, le symbole à travers le récit.

Dans notre être, c’est la même chose. Ce qui s’exprime le moins va communiquer avec des signes spécifiques. Là aussi, le silence intérieur, appelons cela méditation pour prendre moins de mots, permet de capter différentes informations venant de ces parts de nous plus anonymes, plus profondes : des ressentis physiques, des émotions derrière les émotions, des images, des intuitions.

J’ai eu l’occasion d’accompagner une autre cavalière professionnelle. Elle voulait méditer pour améliorer ces performances.

Je lui ai dit : « Surtout pas ! Médite pour simplement t’ouvrir. » Elle avait déjà de l’expérience, et comme Nicolas, elle s’entrainait par session courte dans la journée, pas seulement comme on l’imagine, assis en méditation avec une bougie : « Je peux plus rester dans la globalité, moins dans le contrôle.

Je perçois plus d’informations, et je fais moins d’effort pour rester concentrée. Je suis plus réceptive à ce que m’apportent les autres. »

Voilà où conduit ce degré d’ouverture et de communication.

 

 

Intuition et prise de décision : libérer votre sixième sens

Enfin vient une troisième étape : car l’attention et le silence intérieur peuvent parfois laisser la place à de l’intuition. L’intuition, ce serait, pour continuer la métaphore, la possibilité que les élèves de la classe coopèrent entre eux.

Il y a suffisamment de silence pour qu’un espace d’écoute et de coopération se fasse. L’enfant « colère » coopère avec l’enfant « envie d’entreprendre » et prennent en compte l’enfant « rêveur »… Cette coopération fait basculer un être fragmenté à un être multiple, mais unifié.

Cette coopération s’exprime dans le monde comme un dialogue ou un échange.

Cette écologie intérieure, on peut ensuite l’exprimer dans son propre milieu. L’être fragmenté cherche toujours à trouver plus de certitude et compense son sentiment d’isolement par des convictions, des slogans et des punchs lines. Le doute est une menace pour lui.

L’être unifié, ou qui tend vers cela, assume la complexité et l’incertitude du monde. Cela se traduit par une communication apaisée et apaisante. Cela n’a rien à voir avec une technique ou une autre. Je ne fais pas référence à une recette magique comme la communication non violente, l’écoute active ou autre. Ce que j’ai pu observer, c’est qu’une personne unifiée, en écoute, communique avec plus ou moins de succès, comme tout le monde. La différence vient essentiellement d’une forme de bienveillance et d’un processus d’itération.

 

 

Bienveillance et itération dans la communication, c’est quoi encore ce truc ?

Bienveillance ici, c’est la capacité à se libérer de ses propres attentes et de ses peurs. J’ai noté, dans les stages religieux ou de développement personnel, que les exercices de communication avec une personne qu’on ne connait pas sont très satisfaisants pour les gens. Ils pensent qu’ils ont trouvé LA méthode. Mais avec le temps et à la maison ou au travail, tout change progressivement.

Pourquoi ? Parce qu’il y a l’enjeu et l’habitude. Quand je communique lors d’un stage, bien détendu avec des gens qui recherchent cela, il n’y a pas d’enjeu, pas d’histoire. Cette impression de facilité vient de là. La distraction, c’est l’enjeu, l’impression que quelque chose d’important doit être dit et entendu. Cette impression est la distraction.

En fonctionnant par itération, par petite touche, on est plus à l’écoute, moins dans la recherche d’une solution, ou de la communication qui va tout changer. On reste, dans son cœur, le plus proche possible de cet état d’unification et de coopération entre les différentes facettes de nous-mêmes. Un être fragmenté est une personne sous influence de la peur et de l’envie. Voilà pourquoi la plupart des informations qui nous bombardent peuvent nous tirer vers le sentiment d’insécurité.

 

 

En résumé

Le silence intérieur est un moyen de trouver une écoute en soi. Cette écoute en soi est une porte pour s’équilibrer et permettre de faire coopérer différente partie de soi-même, et qu’aucune ne prenne le pas sur l’autre de manière définitive. Une fois cet équilibre en cours, il est possible de communiquer avec autrui, sans se laisser distraire par une technique ou une autre. Le point clé est de communiquer avec le monde, les choses, les animaux, les êtres en se libérant progressivement des distractions que sont la croyance des enjeux, les peurs et les attentes qu’elles suscitent. Pour cela, communiquer par itération : chercher en soi et avec les autres au gré des échanges, où se trouve la direction d’une solution, étape par étape sans se laisser distraire par l’enjeu comme nos deux cavaliers professionnels.

Points clés

Points clés

Si nous ne devions retenir que l’essentiel apporté par l’article de Stéphane Faure :

  • Le silence intérieur est la base de l’écoute — S’accorder des moments de calme permet de mieux percevoir ses propres pensées, émotions et parties intérieures, et de ne pas laisser les tendances dominantes de notre esprit prendre le dessus.
  • Écouter différents types de communication — La communication ne passe pas uniquement par les mots : ressentis physiques, émotions profondes, images et intuitions sont autant d’informations que le silence intérieur permet de capter.
  • L’intuition et la coopération intérieure — Le silence et l’attention créent un espace où les différentes facettes de soi peuvent coopérer, favorisant une unité intérieure qui se traduit par une communication plus apaisée et bienveillante avec les autres.La communication par itération et bienveillance — Plutôt que de chercher une méthode parfaite, communiquer avec patience, progressivement et avec bienveillance permet d’écouter véritablement et de dialoguer sans être prisonnier des peurs, des attentes ou de l’enjeu immédiat.
  • La communication par itération et bienveillance — Plutôt que de chercher une méthode parfaite, communiquer avec patience, progressivement et avec bienveillance permet d’écouter véritablement et de dialoguer sans être prisonnier des peurs, des attentes ou de l’enjeu immédiat.

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