J’ai une addiction…
Pas de celle qu’on imagine, une de celles qu’on peut cacher voire ignorer soit même…je ne me drogue pas, je n’ai pas de comportements à risque et pourtant j’ai une addiction, sournoise…
J’ai une addiction.
Je fais partie de ces gens qui ne lâchent rien, à qui on a expliqué que quand on veut, on peut. Je ne supporte plus cette phrase… comme une sentence : « Débrouille-toi si tu veux quelque chose, accroche-toi encore et tu l’auras… »
Mais parfois, on n’y arrive pas, et on culpabilise, et on redouble d’efforts plutôt que de choisir un autre chemin, aussi petit soit-il.
Je reste dans l’énergie du combat (yang), et j’en remets une couche.
J’ai une addiction.
Je fais partie de ces personnes qui peuvent aller jusqu’au bout des choses juste parce
qu’elles les ont débutées et qu’il faut finir ce qu’on a commencé… même si c’est toxique pour soi, qu’on n’est pas heureux et qu’on est proche de la rupture.
J’ai une addiction.
Je fais partie de ces gens qui peuvent penser que c’est à cause d’eux/elles-mêmes qu’ils n’y arrivent pas, que c’est parce qu’ils n’essaient pas assez fort, qu’ils n’ont pas tout fait ou qu’ils ne voient pas ce qu’ils peuvent faire de plus. Alors ils cherchent encore et toujours.
J’ai une addiction.
Au combat, à la pression. Je peux faire pause sur un sujet, tenter de lâcher prise, et commencer à penser à mettre toute cette énergie dans autre chose. Alors, je recommence à me mettre la pression : il faut que ça marche maintenant, tout de suite, je dois aller jusqu’au bout.
Parfois, quand on se trompe de chemin, c’est bien de faire demi-tour, de faire une pause pour regarder où j’en suis sur mon chemin, observer, ressentir.
Je fais partie de ces gens qui peuvent se couper de leurs sensations juste pour réussir plus fort, et ne pas comprendre pourquoi ils n’y arrivent pas.
J’ai une addiction.
À la pression, à l’adrénaline et à la dopamine. Je peux tourner en boucle sans lâcher les rênes, parce que si je lâche la bride, je n’avancerai plus, je vais tomber, m’écrouler.
Et un jour, au milieu de cette course sous tension, une question s’est imposée.
Voilà pourquoi je tenais à vous parler de la puissance du Yin.
Parce que, tout simplement, nous sommes dans une société qui fait la promotion du Yang : obtenir, se battre, ne pas lâcher, continuer, avancer à tout prix.
Et si la solution était simplement dans le fait de prendre du recul et de ressentir ?

A quoi ressemble une addiction à la pression ?
- Attendre la dernière minute pour maintenir le niveau de pression.
- Dire « oui » à tout, sans plaisir, juste pour garder la tension.
- Utiliser un vocabulaire de guerre et faire tout en même temps.
- Ne rien lâcher, même si ça fait mal physiquement
- Culpabiliser de ne rien faire et détester ceux qui « ralentissent ».
- Détester avoir des collègues de travail qui ralentissent l’avancer des projets
- Tomber malade en vacances (le fameux crash).
- Transformer le silence nocturne en espace de travail
- Refuser de repousser une échéance alors que c’est possible (besoin de sa dose d’adrénaline)
- Créer une ambiance électrique au travail pour maintenir la tension
L’effondrement de l’addiction à la pression est quasiment mathématique : c’est le moment où le système Yang (action, combustion, extérieur) n’a plus de combustible Yin (réserve, sommeil, intérieur), et oui ! C’est l’illusion de la tasse de café : elle est vide, mais on continue de vouloir distribuer du café. On s’épuise littéralement sur tous les plans, physique et psychique.
Il est évidemment préférable d’éviter cet état, mais combien ne s’en rendent même pas compte ? combien disent je prendrais soin de moi après ? Après quoi au juste ? combien ont en eux l’injonction qu’il faut aller au bout, tenir bon…
Et si tout ça pouvait être éviter en invitant la puissance du Yin dans notre vie ?
Equilibrer le Yin et le Yang permet déjà d’apaiser ce système nerveux qui ne s’éteint pas et de revenir dans sa fenêtre de tolérance entre hypoactivation et hyperactivation.

La puissance du Yin
La puissance du Yin, c’est l’énergie de la contemplation.
Le Yin est une force silencieuse et persévérante qui rend possible la régénération, la guérison profonde, l’ancrage
et l’intuition. Mais elle est sous-valorisée, voire sous-estimée, dans une société qui prône l’action et la performance.
En fait, le Yin construit une structure invisible : ce qui soutient la stabilité, l’ancrage, la profondeur, sans chercher la lumière ni la reconnaissance extérieure.
Quand cet espace est nourri, le corps se régénère mieux, les fluides sont en harmonie, la résilience, la confiance et la capacité d’écoute de soi augmentent, et on avance quand même.
Quand l’énergie Yin est en équilibre, on se sent solide, ancré, avec une meilleure capacité de renouvellement cellulaire, de courage paisible et d’alignement intérieur. Un vrai chemin vers la paix s’offre alors à nous.
Une paix qui ressemble à une force tranquille.
Le yin peut devenir une discipline active, ce n’est pas l’énergie du faire mais du laisser être. On la perçoit souvent comme une dose de nonchalance à ajouter à sa vie ! et bien pas du tout, il s’agit en fait de remettre de la douceur active dans sa vie (en gros de laisser les pompiers éteindre le feu). Accepter ce qui est sans vouloir le changer forcément, trouver comment agrandir son ressenti pour ne pas vouloir le changer à tout prix, prendre de la hauteur sur les situations.
Voilà comment la cultiver et l’équilibrer au quotidien :
- 15 min de silence actif (choisi) par jour (no distraction)
- Apprendre à écouter le corps et sentir quand cette bonne pression (oui parce que ça existe) se transforme en tension.
- Pratiquer les 3 minutes de rien entre chaque tâche ou réunion
- Attendre deux secondes avant de répondre lors d’une conversation pour couper l’urgence de votre interlocuteur
- Regardez dehors ou autour de vous pour récupérer une vision périphérique (le Yang est en mode tunnel)
- Faites quelque chose pour vous (promenade, massage, amis, loisirs, famille, etc)
- Prenez le temps de boire une tasse d’une boisson chaude et prendre conscience des sensations dans votre corps
- Levez-vous et marchez sans but précis pendant quelques minutes
Toutes ces petites actions serviront déjà votre énergie Yin, inutile de devenir immédiatement un maître Yogi pour arriver à en infuser un peu dans votre vie. Il est nécessaire de retenir qu’une personne en état d’alerte a surtout besoin d’informer son corps et son cerveau qu’il peut revenir en état de sécurité, et pour se faire, il est idéal de rappeler au corps qu’il en est capable. Tout ceci aidera alors le Yin à prendre un peu plus de place pour revenir à un équilibre et donc à plus de clarté mentale, encore une fois, personne ne pourra mettre ces astuces en place à part vous.
C’est une prise de conscience importante, n’attendez pas que le rythme de votre vie actuelle se calme, ni que les exigences de la société diminuent, tout ça pourrait ne jamais arriver et vous pourriez ne jamais trouver votre équilibre. Si votre environnement est toxique il le restera peut-être et toutes les méditations du monde ne pourront rien y changer, en revanche vous pourrez déjà retrouver un peu d’énergie, de clarté et d’apaisement.
Mon maitre de méditation dit toujours que le plus difficile est de s’assoir et de s’accorder cette pause.
Et si vous tentiez au moins une ou deux astuces ? sans pression évidemment !
Accepter le Yin, c’est réhabiliter le droit de ralentir, d’honorer ses rythmes internes, de ressentir ses émotions et de laisser la vie agir à travers soi plutôt que de forcer les choses.
Alors, oui, j’ai une addiction… et aujourd’hui, je choisis d’y répondre par le Yin : ralentir, ressentir, et ne plus me faire violence pour exister.