Pour Laurent Gounelle, l’évolution individuelle et collective repose sur un équilibre conscient entre féminin et masculin, où chacun apprend à reconnaître, accepter et cultiver le meilleur de ses deux énergies plutôt que de basculer d’un extrême à l’autre.
Laurent Gounelle est un écrivain qui a le don de transformer des réflexions profondes sur la vie en histoires vibrantes et accessibles. Ses romans, comme L’homme qui voulait être heureux, nous touchent au cœur en nous invitant à nous questionner sur nos choix, nos peurs et nos rêves. Formé en sciences humaines et inspiré par des philosophies du monde entier, il guide ses lecteurs avec une douceur pleine de sagesse et d’humanité. À travers ses mots, on ressent une énergie bienveillante qui pousse à se reconnecter à soi-même et à oser vivre pleinement.
Nous l’avons rencontré dans le cadre du sommet Les Dimensions de la conscience, qui a eu lieu le 31 janvier 2026 à Paris.
Ce qu'il faut savoir
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Ce qu'il faut savoir
Iker : Laurent, merci beaucoup de nous accompagner dans cette interview et dans cette découverte de ton univers.
C’est grâce au sommet Les Dimensions de la conscience, qui a eu lieu le 31 janvier 2026 à Paris, et au cours duquel tu es intervenu sur le thème de l’intuition.
On parle beaucoup d’intuition, d’intériorité, de contemplation intérieure. Longtemps, ces qualités ont été associées à l’énergie féminine. Pour nous, il ne s’agit pas d’opposition mais de complémentarité, dans une logique yin-yang.
Comment vois-tu aujourd’hui l’équilibre entre cette énergie d’action, de mouvement, d’expansion, et ce chemin plus intérieur fait d’observation, de calme, de non-mouvement, pour aller vers une conscience plus équilibrée de l’humain ?
Laurent : J’ai 59 ans, donc j’ai un petit peu de recul sur l’évolution de la société. Je me souviens quand j’étais gamin, un homme devait être très garçon, donc vraiment il devait manifester dans son comportement, dans son existence, toutes les caractéristiques masculines. Donc un garçon, il devait jouer aux petites voitures, jouer au foot, être plutôt bagarreur, être dans l’action, etc. Et une fille, devait jouer à la poupée ou parler avec ses copines dans la douceur maternante, etc. Et moi, j’en avais conscience à l’époque, pourquoi ? Parce que moi, j’ai toujours été très féminin.
Aujourd’hui, j’ai l’impression que les hommes sont plus féminins en tout cas, ils acceptent en eux, une certaine part de féminité, ils ne se sentent pas obligés d’être dans la compétition, d’être dans l’action, etc.
Ils sont beaucoup moins, voire plus du tout « machos » et ça c’est tant mieux. Et de même les femmes s’autorisent à agir comme le faisaient autrefois les hommes. Pourquoi c’est bien selon moi ? Parce que le monde a besoin des deux. Il n’y a pas des valeurs qui sont bonnes et d’autres qui sont mauvaises entre le yin et le yang, le masculin et le féminin. Et je pense que la société a besoin d’un équilibre.
On a besoin d’un équilibre de la société, et c’est vrai aussi au niveau de chaque individu. Je crois que c’est une évolution pour chacun de développer la part autre que celle qui est inhérente à son genre. Et c’est vraiment ce que j’observe autour de moi aujourd’hui. Donc je le vis d’un bon œil.
Ca peut être très bien en effet qu’une femme développe une part masculine, mais le monde a quand même besoin d’une part féminine, il ne faut pas l’oublier. On a vraiment besoin des deux.
Je me méfie juste quand je vois certains mouvements, pas tous, mais certains mouvements féministes qui tendent à revendiquer le droit d’une femme à devenir un homme, même si elle ne le formule absolument pas comme ça. C’est comme si finalement, à l’époque, et ça c’était triste en effet, les femmes étaient cantonnées au rôle que j’ai décrit précédemment, comme si maintenant leur évolution c’était forcément d’adopter le rôle inverse. De devenir des hommes comme les autres, bagarreurs, compétitifs, etc.
Une fois de plus, il n’y a pas de mal à ça. Mais ce serait une erreur de le considérer comme l’avenir de la femme. Donc je me méfie beaucoup, ça c’est vrai quel que soit le sujet d’ailleurs, d’une croyance qui consiste à être convaincu que si une chose est mauvaise, la solution est à l’opposé. Ce n’est jamais le cas. C’est bien de faire évoluer les choses mais pas passer d’un bord à l’autre.
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Iker : Ton message est donc un message d’équilibre, dans une logique yin-yang où aucune polarité ne doit être niée au profit de l’autre.
Laurent :Oui, je suis convaincu de cela, vraiment. L’évolution pour moi, notamment l’évolution sociétale, mais aussi individuelle, (parce que pour moi, les deux sont vraiment liées), c’est de développer, les parts bénéfiques, les parts positives de chacune de ces manifestations. Parce qu’il y a une énergie masculine positive, une énergie féminine positive, mais il aussi une énergie masculine négative et une énergie féminine négative. L’énergie masculine négative, pour moi, ça va être la compétition, la bagarre, la guerre comme on le vit en ce moment, ça c’est l’énergie masculine négative dont le monde n’a pas besoin. L’énergie féminine négative, ça va être une énergie surprotectrice à un point qu’elle prive les gens de leur autonomie, aussi d’une capacité à développer, accéder à certaines ressources. On le voit dans l’éducation, quand on surprotège un enfant, (c’est un petit peu malheureusement ma tendance avec le mien), fait paradoxal, on envoie le message qu’il n’est pas capable. On le fait avec une super bonne intention, mais en fait on ne l’aide pas.
C’est comme si on lui disait : « tu n’es pas capable, je fais pour toi ». Donc c’est intéressant de se libérer du masculin négatif, la compétition, le machisme, ces comportements odieux qu’on a beaucoup connu dans le passé et qu’on connaît malheureusement encore. Mais il faut aussi se libérer du féminin négatif pour développer la part positive de chacune de ces deux énergies.
Virginie : Comment, selon toi, chaque individu peut-il se connecter à la part positive de ces énergies ?
Laurent: C’est une bonne question, et il n’a pas de réponse toute faite par rapport à ça. De l’extérieur, si on veut aider quelqu’un à développer une énergie positive, il faut mettre notre attention sur cette part positive qui existe déjà en lui.
Si vous prenez le pire des machos par exemple. Il y a forcément au moins un moment dans sa vie ou dans sa journée, même si ça dure cinq secondes, où il va exprimer quelque chose d’autre que cette part masculine négative. Et si on voit ça et qu’on aime ça en lui, on va l’encourager à développer cette part-là.
Il y a à la fois la force de la conscience posée sur quelque chose, et celle de l’amour qui l’accompagne, deux leviers très puissants pour développer quelque chose de positif. Cela, c’est vis-à-vis des autres.
Par rapport à soi-même, j’ai un peu l’impression que la première étape c’est souvent une étape de conscience. Prendre conscience de là où on en est, prendre conscience de nos énergies, donc féminines et masculines. Accepter aussi d’avoir une énergie masculine négative et une énergie féminine négative. Donc accepter, parce que si on refuse d’accepter, on se coupe de la conscience. On ne peut prendre conscience de ce qu’on n’a pas.
Ce qui n’est pas agréable. Mais juste vraiment être honnête avec soi-même en se disant : « Ok, j’ai le droit d’avoir des défauts, j’ai le droit d’avoir des zones d’ombre en moi qui ne demandent qu’à prendre la lumière. ».
Merci Laurent !
Points clés
Points clés
Ce qu’il faut retenir de l’interview de l’auteur Laurent Gounelle, menée par Iker Aguirre et Virginie Gonzalez :
L’équilibre plutôt que l’opposition :Laurent Gounelle défend une vision yin-yang : masculin et féminin ne s’opposent pas, ils se complètent et doivent coexister, dans la société comme en chacun de nous.
Une évolution vers plus de liberté intérieure : Les hommes s’autorisent davantage leur part féminine, et les femmes leur part masculine : une évolution positive… à condition de ne pas basculer d’un extrême à l’autre.
Deux énergies… chacune avec son ombre et sa lumière : Chaque énergie (féminine et masculine) a une dimension positive (construction, écoute, action juste) et une dimension négative (compétition destructrice, surprotection limitante). L’enjeu : cultiver le meilleur des deux.
La conscience et l’acceptation comme leviers de transformation : Le chemin commence par une prise de conscience honnête de ses propres déséquilibres, puis par l’attention et l’amour portés à ce qu’il y a déjà de positif en soi et chez les autres.
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