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Dialogue avec Stéphanie Fourcade : cavalière de spectacle et de compétition, coach sportive à l’écoute du vivant

Stéphanie Fourcade, dirigeante d’un centre équestre, fonde sa relation avec les chevaux et les humains sur l’écoute, le ressenti et l’adaptation. Pour elle, la confiance, la patience et l’acceptation de l’échec sont les clés d’une communication juste, qu’elle soit animale ou humaine.
Virginie Gonzalez
Co-fondatrice de Konxus Media et Dirigeante engagée de l’agence de communication Agence ho5, elle milite pour le marketing heureux© ou l’idée que la communication et le marketing ne sont destinés à la seule recherche du profit mais aussi (et surtout) à celui de l’épanouissement de l’humain.

Stéphanie Fourcade, cavalière passionnée et copropriétaire de l’écurie Fantagaro à Ahetze, transforme sa passion pour le cheval en un véritable art de vivre. Guidée par une pédagogie douce et ludique, elle ouvre les portes de la nature et de l’équitation à tous, alliant performance, créativité et connexion avec les chevaux pour inspirer confiance, équilibre et émerveillement à chacun de ses élèves et spectateurs.

Ce qu'il faut savoir

Ce qu'il faut savoir

Virginie S : Bonjour Stéphanie. Est-ce que tu pourrais te présenter pour notre public ?

Stéphanie : Oui, je m’appelle Stéphanie Fourcade, j’ai 42 ans, je suis maman de trois enfants et à la tête d’un centre équestre et élevage de poneys et chevaux, avec une centaine d’animaux et environ 200 adhérents.

Virginie S : Quelles sont les clés d’une communication réussie entre le cavalier et le cheval ?

Stéphanie : La confiance. Elle peut être plus ou moins longue à acquérir, mais une fois qu’ils l’ont, tout devient plus facile.

Virginie G : Et dans le sens inverse ? Est-ce que tu sens que le cheval a une approche particulière pour communiquer avec toi ou avec tes élèves ?

Stéphanie : Le cheval est un animal patient, qui prévient énormément, mais encore faut-il savoir le sentir et le lire. Ça peut s’apprendre. Certains l’apprennent vite, d’autres jamais.

Virginie G : Donc, si je comprends bien, il faut une grande capacité d’écoute et de ressenti ?

Stéphanie : Oui, énormément. Dans l’énergie qu’il dégage, sa gestuelle corporelle… Quand on vit avec eux, on voit tout de suite s’ils sont bien, sereins ou énervés. Moi je les appelle souvent mes collègues, puisque je passe des heures avec eux.

Virginie G : Et quand tu sens qu’un cheval est énervé, qu’est-ce que tu fais pour l’apaiser ?

Stéphanie : C’est du ressenti à l’instant T. Les poneys ou chevaux ont des jours avec et des jours sans. Si je peux, je les laisse tranquilles. Le lendemain, souvent, ça va mieux. Quand un animal ne se sent pas bien, je demande moins.

 

 

Virginie G : Donc c’est toi qui t’adaptes à eux ? En écoutant tes ressentis ?

Stéphanie : Oui, tout à fait. Et j’apprends à mes élèves à faire pareil. Si je sens que ça ne « matche » pas avec l’humain qu’il a sur le dos, j’adapte en demandant moins. Je ne vais pas obliger l’animal à faire pour faire plaisir à l’humain..

Virginie G : C’est intéressant, parce qu’en entreprise aussi, certains managers ont du mal à s’adapter à l’état d’être de leurs équipes. Alors que l’un de tes apprentissages auprès des animaux, c’est de dire que de base tu t’adaptes à leur état d’être pour pouvoir réaliser des actions.

Stéphanie : Oui, nous avons beaucoup d’espèces différentes et tout le monde s’entend plutôt bien. Je crois ce mode de fonctionnement permet d’avoir des animaux assez bien dans leur tête et sereins, je crois.

Virginie S : Est-ce que le langage corporel d’un cavalier peut dire le contraire de ce qu’il pense ?

Stéphanie : Oui, complètement. Les gestes peuvent être plus contractés, saccadés. Certains disent « je vais bien », mais au bout de dix minutes je vois que non. Pas besoin de mots, c’est du ressenti dans la gestuelle, un côté animal.

Virginie S : Donc ton métier repose sur l’instinct, autant avec l’animal qu’avec l’humain ?

Stéphanie : Oui. Les ados, par exemple, n’osent pas toujours dire qu’ils ont peur. Je le ressens et je fais en sorte de les mettre dans le confort sans qu’ils aient à le dire devant tout le monde. On n’a pas besoin de parler, mais ils savent.

Virginie G : C’est ta méthode de management : tu t’adaptes à ce que l’autre t’envoie.

Stéphanie : Oui. On évite l’échec, on évite les accidents. Quelqu’un qui a peur et fait les choses par obligation, ça peut coincer. Tout ce ressenti, c’est ce qui fait ce que je suis dans mon métier.

Virginie G : J’imagine que ça doit te demander de l’énergie cet état d’ouverture permanent. Et toi, où trouves-tu ton énergie ?

Stéphanie : Je vais la chercher parce que j’ai choisi d’être là où je suis. J’ai un mari très présent, des enfants en pleine santé, et je me ressource auprès de mes animaux.

Virginie G : Tu as abordé la notion d’échec ou de chute tout à l’heure. Quand il y a une chute ou un échec, comment accompagnes-tu tes élèves ?

Stéphanie : Il faut trouver le bon moment pour en parler, souvent pas en public. Et puis, il faut du temps. Par exemple, une petite cavalière a eu peur de galoper. Elle est restée six mois à côté de moi avant de repartir, et aujourd’hui elle fait de la compétition. Une autre a eu de multiples fractures après une chute. Hier, elle a refait sa première séance au pas, tranquillement. On prend le temps. Je suis persuadée qu’elle va retrouver son agilité.

 

 

Virginie G : Tu travailles aussi dans le spectacle et la compétition. Comment abordes-tu la préparation mentale ?

Stéphanie : J’avoue que la préparation mentale c’est quelque chose d’assez récent quand même. Et c’est vrai que je fais partie d’une génération où l’on ne parlait pas tant de ça. Moi, je fais au feeling. Du moment qu’on a envie d’être là, c’est plus facile. Bien sûr, j’ai parfois peur de mal faire, mais je me pose peu de questions. Le spectacle, c’est pareil : j’ai choisi d’y être. Parfois, tout se passe bien, parfois il n’y a pas de connexion avec le cheval. Il faut accepter de ne pas tout gérer.

Virginie G : Et le stress, tu le vis comment ?

Stéphanie : Je crois que ça se fait très intuitivement. Je suis quelqu’un de très cool, très terre à terre. Pourquoi se mettre une pression monumentale pour des examens, pour de la compétition ? Mais j’ai de l’empathie pour ceux qui stressent, et je fais tout pour les rassurer.

Virginie G : Comment tu les rassures ?

Stéphanie : Je leur parle de l’échec. Je ne leur dis pas « tu vas y arriver », mais « si tu échoues, ce n’est pas grave ». On mettra les choses en place pour faire mieux. Je rassure sur le côté négatif, en leur montrant que ce n’est pas grave d’échouer.

Virginie S : On parle d’instinct, depuis tout à l’heure, d’intuition. Est-ce que la communication avec les chevaux est plus facile avec les enfants qu’avec les adultes ?

Stéphanie : Pas forcément. C’est une question d’individu. Certains enfants n’ont aucun ressenti. Ils vont utiliser l’animal comme une mobylette. D’autres, au contraire, en ont beaucoup. C’est pareil chez les adultes.

Virginie S : Et cette fibre, peut-on l’améliorer ?

Stéphanie : Oui, complètement. Mais elle ne sera jamais aussi bonne que chez quelqu’un qui est né avec, mais on peut l’améliorer.

Virginie S : Et avec tes élèves, selon leur âge ou leur personnalité, tu adaptes ta manière de communiquer ?

Stéphanie : Tout le temps. Je sais à quel public j’ai affaire. Les groupes ont des états d’esprit différents. En individuel, je connais un peu leurs histoires. J’adapte mes séances selon l’individu ou le groupe. Et parfois, quand un élève ne va pas bien, je fais en sorte de le mettre dans le confort sans que les autres le voient.

Virginie G : En résumé, ton métier repose sur l’écoute, le ressenti et l’adaptation.

Virginie S : Et si tu devais transmettre un seul message sur la communication à cheval ?

Stéphanie : On est bien là ! Profite, savoure, on est bien là !

Merci Stéphanie !

Points clés

Points clés

Ce qu’il faut retenir de cette interview de Stéphanie Fourcade menée par Virginie Gonzalez et Virginie Saucet :

  • La confiance et l’écoute mutuelle — La communication entre le cavalier et le cheval repose avant tout sur la confiance, le ressenti et la capacité à observer les signaux subtils de l’animal.

  • L’adaptation à l’autre — Stéphanie ajuste sans cesse son approche selon l’état émotionnel du cheval ou du cavalier, privilégiant la bienveillance et la compréhension plutôt que la performance.
  • L’instinct et l’intuition comme guides — Son métier s’appuie sur une grande part d’intuition et de lecture non verbale, aussi bien avec les humains qu’avec les animaux, pour instaurer une relation harmonieuse.
  • L’acceptation de l’échec et la patience — Stéphanie enseigne que la progression passe par le temps, la résilience et la dédramatisation de l’échec, dans une approche douce et humaine de l’apprentissage.

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