Marie Milla est sonothérapeute. Elle médite, chante et libère la créativité de chacun.
Marie Milla est sonothérapeute. Elle médite, chante et libère la créativité de chacun.
Marie : Je suis Marie Milla. J’ai un parcours, sur le plan professionnel, que l’on pourrait qualifier d’atypique. J’ai commencé dans un tout autre domaine. D’abord salariée, puis j’ai créé ma société, dans le marketing, assez jeune et elle a très bien fonctionné. Mais très rapidement, j’ai senti un manque de sens dans mon quotidien et dans ce que je faisais. Je sentais que j’avais probablement autre chose à proposer au monde et j’ai ressenti le besoin de faire autre chose. Ce n’était pas forcément très clair au moment où j’ai vendu ma société. J’ai d’ailleurs fait un gros burn-out professionnel. Je travaillais beaucoup. J’avais une grosse charge mentale. Je n’utilisais pas assez mon corps et mon cœur. J’étais dans une optique d’entrepreneur qui a des responsabilités, un gros loyer, des salariés à payer. Mais en vendant, je me suis libérée. J’avais tout remboursé et il me restait un tout petit peu d’argent en poche. Je me suis dit, je vais voyager pour la première fois de ma vie. Je n’ai pas d’attache. Je vais explorer le monde et me faire du bien. Je suis partie faire un trek au Népal à la rencontre de la nature, des habitants et des montagnes népalaises.
C’était un appel du cœur et du corps pour une fois. Ma tête était plutôt contre, pleine de peur rapport à cette expérience nouvelle. Et puis j’ai dépassé ces peurs. Celle de ne pas réussir à marcher 10 jours en montagne, monter à 4300 mètres d’altitude. J’ai essayé d’écouter mon intuition, mon aiguillage intérieur et je suis partie. Je suis partie avec une sciatique faire un trek au Népal. Mon corps était fatigué et je n’en prenais pas soin. Toute mon énergie était sur le développement de la société. Arrivée au Népal, je me retrouvais dans un environnement complètement différent de ce que je connaissais. Et ce qui est très surprenant, c’est que je me suis sentie tout de suite chez moi. Pourtant, je n’avais aucun repère. Les gens ne parlaient pas ma langue. Je ne comprenais pas ce qui était écrit sur les panneaux. C’était poussiéreux, mais je me sentais à la maison. Les trois premiers jours, je me demandais encore dans quoi je m’étais embarquée. Mon corps n’avait pas l’habitude de marcher autant. La pleine nature était impressionnante. Et puis, quelque chose a fini par lâcher et la sciatique a disparu. Au fur et à mesure de cette marche, c’est comme si toute mon énergie s’était libérée, s’était nettoyée et qu’une autre énergie avait commencé à se diffuser à l’intérieur de moi. J’ai eu beaucoup de prises de conscience. À la fin du trek, j’avais l’envie de continuer, l’envie de recommencer.
J’ai écouté mon corps et mon cœur et je n’ai pas pris mon vol retour. Je suis restée, sans vraiment savoir ce que j’allais y faire. Il fallait que je reste là-bas. Mon guide m’avait parlé d’un monastère bouddhiste qui accueillait des étrangers lors de retraites. Je me suis donc inscrite à une retraite de 10 jours de méditation en silence avec une initiation au bouddhisme tibétain. Je sentais que c’était important pour moi. J’avais envie de cette expérience. Avant que cette retraite commence, j’avais quelques jours libres. La vie m’a donc amené à me former à la sonothérapie avec un maître de son népalais, à utiliser les bols tibétains et à lire l’énergie des gens par le son des bols. Je me retrouvais à explorer le pouvoir du son sur les gens, sur l’être, sur le corps physique, émotionnel, psychique. J’y ai appris énormément de choses sur la notion de chakra et d’énergie. Je me rendais surtout compte que je pouvais faire du bien aux gens avec le son. C’était une porte immense qui s’ouvrait pour moi. C’est à la fois la porte du son et plus tard de la musique. C’est aussi la porte de la guérison et du soin à l’autre.
À ce moment-là, je ne comprenais pas vraiment ce qui m’arrivait. À l’intérieur de moi, c’était un tsunami. Il se passait quelque chose de très fort et de très puissant. Et quelques jours après, je me retrouvais dans ce monastère perché en haut d’une montagne et je méditais. Pendant toute cette période, j’avais deux voix dans ma tête : l’ange et le démon. Mon être était attiré par quelque chose que je trouvais extrêmement beau et vertueux et les peurs me retenaient encore à vouloir ne pas changer. Quand j’en suis sortie, j’ai retrouvé une femme que je connaissais et qui me demandait un soin. À l’issue de celui-ci, elle m’a dit : « Ce n’était pas un massage que tu m’as fait, c’était un véritable soin profond de guérison. ». Je me suis alors rendue compte de la puissance de cette pratique.
Cela a débuté tout un voyage initiatique où j’ai finalement continué de voyager, beaucoup au Népal. Puis l’Inde, où je me suis formée auprès de différents maîtres de son. A travers le monde, j’ai continué mes explorations sonores et la vie m’a fait plein de surprises : l’enregistrement d’un album de sonothérapie avec Sony Music, et l’écriture de mon premier livre sur la méditation avec le son… Tout s’est mis en place de façon extrêmement fluide.

Marie : Ce n’est pas facile et c’est une bonne question. Les années ont passé et ça fait presque neuf ans que je suis sonothérapeute aujourd’hui. Au fur et à mesure, j’ai avancé de plus en plus vers la musique et la création que j’aime partager aux gens qui ne l’ont pas encore dans leur vie. Donc, depuis un an et demi, j’amène les gens à la création pour qu’ils soient autonomes dans leur propre vibration. C’est la création de chansons, c’est l’apprentissage d’un instrument comme la guitare pour pouvoir s’accompagner, ce sont des retraites créatives où l’on va découvrir une percussion qui se danse, du yoga, de la méditation, et où l’on va faire plein de rituels avec les éléments de la nature parce qu’on sera à côté de sources chaudes, etc. Mais toujours avec cette découverte d’un instrument percussif intuitif qui se joue avec le corps sans avoir besoin d’apprendre la musique ou de savoir jouer d’un instrument de musique.
Plus ça va, plus je m’intéresse vraiment à la notion de créativité et de musicalité. Je n’ai pas du tout délaissé le côté plus énergétique de la sonothérapie puisque c’est une pratique qui est très vibratoire, où la personne qui reçoit le soin ou le bain sonore s’allonge et se laisse aller dans un état méditatif très profond pendant lequel il peut se passer beaucoup de choses. C’est une très jolie pratique qui vient jouer sur l’aspect énergétique où le son vient s’infiltrer dans le corps de la personne et va avoir un impact le corps physique, émotionnel, psychique et spirituel.
On n’en parle pas beaucoup, mais c’est une pratique qui a pour avantage de pouvoir avoir une vision un peu plus globale de sa vie et de ce qui se passe dans le monde. Cette pratique est magnifique et je la lie de plus en plus à une pratique autonome de la musique. J’ai vraiment réalisé à quel point chanter régulièrement, voire au quotidien, seul ou en co-création avec d’autres personnes et jouer d’un instrument de musique était aussi extrêmement libérateur et c’est un point d’ancrage pour pouvoir vibrer sans être obligé d’attendre que quelqu’un le fasse pour soi. Mon credo et ma vision, c’est de rendre les gens le plus libres possible. Donc, s’ils ont besoin de quelqu’un pour aller bien… et bien ils ne sont pas libres. Je leur donne donc les clés pour pouvoir l’être et entretenir cet état par la création, par le chant, par un instrument, etc. Être libre dans cette notion de vibration qui guérit et qui fait du bien.
Donc aujourd’hui, comment me définir ? Je ne sais pas trop. Il y a le côté artiste, qui se réveille de plus en plus, l’écriture qui devient de plus en plus importante pour moi. Je suis en train d’écrire mon deuxième livre et mon premier roman, sûrement en 3 tomes. Je pourrais dire que je suis auteur, artiste et thérapeute. Voilà.

Marie : Je pense que… quand le burn-out, une fatigue, un épuisement, une maladie se fait sentir au niveau professionnel, c’est un signal, de notre corps et de notre être, à faire des modifications. C’est très important de reconnaître les premiers signaux et de les accueillir. Parce que si on les fuit, si on ne veut pas les voir, on va foncer la tête la première dedans. Et ce sera d’autant plus difficile après de s’en sortir.
Mon premier conseil, c’est de vous dire que c’est vraiment important de s’écouter, de prendre des petits temps pour observer ce qui ne va pas, peut-être le nommer au niveau du corps, de pouvoir regarder en face ce qui se passe et de ne pas le fuir. La question à se poser est : “ Qu’est-ce qui est important de changer pour que je sois dans un axe qui corresponde plus à mon énergie ? ”. Parce que si le corps, quel qu’il soit, mental ou physique, donne des signes d’épuisement, c’est vraiment qu’il y a besoin de changer quelque chose. C’est quelque chose qui est important d’écouter.
Mon second conseil, c’est de prendre du temps pour ne faire que ce qui vous met en joie. Et si vous pouvez… Car, c’est vrai que ce n’est pas toujours possible, parce qu’on est dans un monde où la moindre journée qui passe peut coûter beaucoup d’argent.
Donc mon troisième conseil, pour rendre le deuxième conseil possible, c’est de s’alléger en termes de charges financières, pour pouvoir être libre de faire, vraiment, de s’adonner à ce qui nous fait plaisir, avoir du temps et l’argent disponible… et parfois ça coûte pas tant d’argent que ça de faire ce qu’on a envie de faire. En l’occurrence, ce que j’aime le plus au monde c’est marcher en montagne et chanter. Il n’y a pas besoin de beaucoup d’argent pour faire ça. Du temps, par contre, il en faut un peu. Donc, si on s’allège financièrement, on peut avoir plus de liberté pour s’adonner à ce qui nous fait plaisir. Cela nous met en joie et nous fait du bien.
Marie : Déjà, j’ai découvert ce moteur plaisir et joie, qui ne sont pas les mêmes. Le plaisir, c’est une notion qui est plus courte dans le temps. La joie, c’est quelque chose de plus durable, c’est quelque chose qui est déjà là. Je me suis rendue compte que quand j’enlève mes couches de peur, de colère, de tristesse, etc., je ne suis que joie. Et c’est véridique, car je l’ai expérimenté. Je ne dis pas que je suis toujours dans cet état d’être parce que comme tout le monde, parfois j’ai des choses qui remontent. Chez moi, c’est devenu un réflexe. Quand j’ai des émotions qui se présentent, je les reconnais, je leur mets un nom, et puis je médite. J’identifie ce qui peut me traverser en termes de pensée et d’émotion. Je le reconnais, ça me permet de pouvoir prendre du recul et de souffler dessus. La respiration est quelque chose de très important dans ma routine. J’essaie de respirer, de souffler sur cette émotion, de me reconnecter au corps et ne pas me laisser embarquer par les émotions.
Ensuite, la pratique du chant m’aide beaucoup à me connecter à quelque chose de plus grand que moi. Quand je sens que j’en ai besoin, je prends ma guitare, je fais vibrer les cordes et je fais beaucoup de chants d’improvisation si c’est quelque chose qui me pèse, peut-être même écrire une chanson pour transformer ce quelque chose à l’intérieur de moi, le poser avec de jolis mots sur le papier et le laisser circuler comme ça. Donc la chanson et la musique sont particulièrement importantes pour moi, et c’est quelque chose que j’ai envie de ritualiser. Hier, j’étais sur un toit de Marrakech et puis il y a eu l’appel à la prière. On sent alors une vibration très spéciale partout dans la ville où on entend la voix de ces hommes qui chantent, qui prient et se connectent six fois par jour à une énergie supérieure par le son et par la prière. Et cela m’a donné l’idée de l’instaurer dans mon quotidien. Peut-être pas six, mais je me suis fixée quatre fois dans la journée, où quoi qu’il se passe, même si je fais quelque chose de très important, je me concentre sur mon souffle, ma respiration et je chante le son du Ohm. Je prends un espace de 5 minutes de méditation, de respiration et de vibration pour me connecter à quelque chose de plus grand. C’est nouveau, je vais essayer et je vous dirai par la suite si ça fonctionne.
La marche est aussi très importante pour moi, et cela pourrait être un autre conseil pour cultiver une bonne énergie au quotidien. Ou mettre des musiques qui me permettent de m’élever. La musique a vraiment un effet sur la motivation. À certains moments, je quitte mon ordinateur et je vais danser dans le jardin de façon très intuitive, très spontanée. Et ça permet de relâcher toute cette électricité statique qu’on accumule en travaillant assis.

Marie : Dans mon parcours, je me suis rendue compte à quel point j’avais beaucoup d’inhibition. Je pars de très loin. C’est pour ça que c’est très drôle que la vie me propose d’enregistrer des albums de sonothérapie et de musique, parce qu’il y a une chanson où un clip a été tourné. C’était terrible d’avoir une caméra braquée sur moi, toute une équipe de maquilleuses, de costumiers, de décorateurs, etc. Ça a été un vrai challenge, parce que je suis quelqu’un d’assez introverti, même si on ne dirait pas, j’ai une vraie nature introvertie. J’ai fini par comprendre d’où ça pouvait venir. Et énergétiquement, ça aide énormément de pouvoir libérer ce chakra. Le chakra de la gorge, c’est la libération par le sang, le nettoyage par le sang. Imaginez que la gorge, énergétiquement, c’est comme un petit robinet qu’on ouvre et qui permet de laisser circuler vibratoirement toutes les émotions qui sont stockées en dessous. La gorge permet de libérer, de nettoyer vibratoirement les cristallisations de ces émotions qu’on a pu vivre dans le passé, récemment, et parfois dans notre petite enfance. C’est pour ça que la parole, parfois, aide à déverrouiller des choses. C’est pour ça que les mots aident à déverrouiller des choses. Mais ça ne suffit pas. Il faut un travail plus thérapeutique, en profondeur, et vibratoire. L’un ne va pas sans l’autre. Parce que si on ne fait que le travail vibratoire, sans forcément libérer vraiment des choses qui nous ont obscurcies, c’est ce qu’on appelle la spiritualité hors sol.
C’est-à-dire qu’on va libérer vibratoirement, on va chanter des mantras, la voix est libérée énergétiquement, c’est OK, mais on n’a pas forcément fait un travail de transformation profonde à l’intérieur de soi. C’est important de faire les deux.
Je l’ai expérimenté et ça a libéré mon chant par la suite. J’ai commencé à chanter lors des soins, j’ai commencé à chanter beaucoup plus dans ma vie. Le fait de mettre en lumière les non-dits, ça a libéré quelque chose de très puissamment ancré à l’intérieur de moi qui a été extrêmement libérateur. J’ai réalisé à quel point chanter me mettait en vibration haute, me permettant de transformer les émotions, transformer mon état énergétique, pour m’élever dans une énergie haute. La libération vocale, c’est un sujet extrêmement important pour moi, parce que c’est un chemin que je conseille vraiment à toutes les personnes qui sentent qu’elles pourraient ouvrir plus leur capacité à s’exprimer.
Marie : Indéniablement le Népal. C’est un pays que j’aime profondément, qui m’a apporté tout ce que je partage aujourd’hui, sauf la libération vocale qui a été un cheminement plus long. C’est là où j’ai découvert la marche en montagne, c’est là où j’ai découvert la méditation et la sonothérapie avec un maître de son. C’est un pays qui m’a énormément apporté déjà sur ce plan-là puisque ce sont trois techniques aujourd’hui qui me permettent d’être en énergie haute et d’entretenir une forme d’alignement et de bien-être. Et ce sont des techniques qui sont devenues mon métier. Mais au-delà de tout ça, faire un trek en Népal, honnêtement, ça change sa vie.
On en revient profondément différent, d’une expérience comme ça. La rencontre avec les Népalais qui sont des gens qui sont naturellement et culturellement, dans une bienveillance incroyable. Ils sont dans le cœur. Ils sont dans l’acceptation de ce qui est. Les gens vous accueillent comme vous êtes, quelle que soit votre taille, votre couleur de cheveux, votre couleur de peau, votre métier… Cela a été la grande leçon d’un peuple qui est qui est dans la joie. Parce qu’ils sont. Et nous, c’est quelque chose qu’on a oublié. On a oublié d’être. On est dans une société du faire. Et c’est la très grande différence entre nos deux cultures. Là-bas, j’ai découvert mon état d’être. Je pense avoir eu une deuxième naissance dans les Annapurnas. Les pratiques et les habitants m’ont énormément appris. C’est un pays que j’aime profondément, vraiment.

Virginie Gonzalez et Marie Milla nous embarquent dans l’univers de la sonothérapie :
Et c’est inspirant !
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