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Communiquer quand ça va mal… pour un lendemain qui chante.

Cet article invite à pratiquer une communication en conscience face aux difficultés, en plaçant l’humain, la sincérité et l’écoute au cœur des échanges, qu’ils soient internes ou externes. Inspiré par Lean on Me de Bill Withers, il rappelle que vulnérabilité, transparence et entraide sont les clés pour maintenir la confiance, traverser les tempêtes et renforcer les liens au sein des équipes comme avec les partenaires.
Virginie Gonzalez
Co-fondatrice de Konxus Media et Dirigeante engagée de l’agence de communication Agence ho5, elle milite pour le marketing heureux© ou l’idée que la communication et le marketing ne sont destinés à la seule recherche du profit mais aussi (et surtout) à celui de l’épanouissement de l’humain.

Si vous souhaitez écouter l’article en version audio :

Il y a des jours où tout semble peser plus lourd que d’habitude. La pression économique, les tensions sociales, les incompréhensions internes, les incertitudes politiques… Pour nous dirigeant.es ou managers, ces nuages peuvent rendre chaque décision plus complexe et chaque mot plus chargé. Et pourtant, même dans ces moments-là, la communication reste notre boussole.

Ce qu'il faut savoir

Ce qu'il faut savoir

Dans cet article, je vous invite à voyager au rythme des mots de Bill Withers dans Lean on Me distillés au fil de notre lecture. Ses paroles résonnent comme un fil conducteur : reconnaître les difficultés, accepter la vulnérabilité, et comprendre que l’entraide et le soutien sont essentiels pour avancer.

À chaque étape, qu’il s’agisse de communiquer avec nos équipes, nos clients ou nos partenaires, mettons en pratique la communication en conscience, en plaçant l’humain au cœur de chaque échange. Car oui, face à l’adversité, il est possible de maintenir le lien, d’écouter et de soutenir, et parfois, il suffit d’un mot, d’une phrase ou d’un geste sincère pour illuminer un lendemain.

Alors, comment continuer à communiquer de manière authentique et constructive quand ça ne va pas fort ?

 

D’abord à l’intérieur : parler vrai avec ses équipes

Swallow your prideS’il te plaît ravale ta fierté,

If you have things you need to borrow – Si tu as besoin d’emprunter quelque chose.

For no one can fill those needs that you won’t let show – Car personne ne peut répondre à tes besoins si tu ne les montres pas.

 

Un dirigeant n’a pas toujours les réponses. Et c’est précisément là que la communication en conscience prend tout son sens.

Plutôt que de masquer ses inquiétudes, il est possible de partager ses doutes avec ses collaborateurs – sans catastrophisme, mais avec sincérité. Dire : « Je n’ai pas toutes les solutions aujourd’hui, mais je sais qu’ensemble nous avons déjà relevé des défis ». Cette posture crée de la confiance.

Quelques techniques utiles :

  • Nommer les émotions : reconnaître que la pression existe (sur les délais, les prix, la concurrence) évite qu’elle s’exprime sous forme de non-dits ou de tensions implicites.
  • Utiliser l’écoute active : prendre un temps collectif ou individuel pour entendre ce que chacun vit. Répéter ce que l’on a compris, valider les ressentis, avant de chercher des solutions.
  • Donner du sens : rappeler pourquoi on fait ce métier, quelle est la valeur apportée aux clients, et quelle est la contribution de chaque personne dans ce projet commun.
  • Créer des espaces de respiration : même en période difficile, quelques minutes en équipe pour décompresser, rire ou partager un succès partiel renforcent la résilience collective.

Motiver dans la tempête ne signifie pas nier les difficultés, mais plutôt dire : « Nous sommes dans la même barque, et chacun a une rame entre les mains » sans crainte de jugement.

Outils concrets à déployer :

  • Réunions d’équipe ritualisées (hebdo ou bimensuelles) pour partager infos, doutes, avancées.
  • Newsletter interne simple et régulière (même une page) pour informer sans rumeur.
  • Boîte à idées digitale (outil collaboratif type Trello, Slack ou Teams) pour capter les solutions venues du terrain.
  • Canaux d’échange anonymes (type Google Forms, Klaxoon) pour permettre à chacun d’exprimer ses craintes sans crainte de jugement.

 

 

Ensuite vers l’extérieur : communiquer avec transparence et respect

Quand l’entreprise traverse une turbulence, la tentation est grande de se refermer, ou au contraire de projeter une façade de « tout va bien ». Ni l’un ni l’autre n’est durable.

Clients, fournisseurs, partenaires ou banques sentent rapidement quand quelque chose cloche. Là encore, une communication en conscience permet d’éviter la rupture de confiance.

Quelques principes concrets :

  • Adapter le niveau de transparence : inutile de tout dire, mais important de ne pas mentir. Prévenir un client d’un retard plutôt que de le laisser découvrir par lui-même. Expliquer à un fournisseur qu’un paiement prendra quelques jours de plus, plutôt que de disparaître dans le silence.
  • Valoriser la relation : rappeler à un partenaire qu’il est important dans la durée, et que les difficultés actuelles ne remettent pas en cause le lien de confiance.
  • Pratiquer la communication non violente (CNV) : décrire les faits, exprimer son ressenti, clarifier son besoin et formuler une demande.

Exemple : « Nous faisons face à une baisse de commandes (fait). Cela crée une tension qui m’inquiète (émotion). J’ai besoin de sécuriser l’activité (besoin). Pouvez-vous nous accompagner temporairement ? (demande)

  • Rester aligné sur le sens : même dans les moments difficiles, rappeler ce qui guide l’entreprise (sa mission, ses engagements, ses valeurs) rassure les interlocuteurs et renforce la crédibilité.

Outils concrets à déployer :

  • Communication clients/fournisseurs via des mails personnalisés expliquant la situation et les mesures prises.
  • Foire aux questions (FAQ) sur le site web pour informer sur retards, stocks, conditions – plutôt que de répéter les mêmes réponses.
  • Prise de parole sur LinkedIn ou réseaux pros pour expliquer le contexte et montrer comment l’entreprise s’adapte.
  • Kit de communication externe (éléments de langage, Q&R) pour que chaque collaborateur relaie un discours cohérent auprès des partenaires.

 

 

Quelques apports théoriques qui peuvent vous aider à aller plus loin.

La communication non violente (CNV) de Marshall B. Rosenberg

La CNV propose un cadre simple mais puissant pour parler et écouter : observer sans juger, exprimer ses sentiments, identifier ses besoins, formuler une demande claire. Cela permet de désamorcer la colère, la peur ou le ressentiment et de restaurer la confiance.

La théorie de Goffman sur « la mise en scène de la vie quotidienne »

Erving Goffman montre que dans toute interaction, chacun « joue un rôle », présente une façade (front stage) et conserve aussi une « réserve » (back stage). Dans les moments difficiles, les collaborateurs cherchent souvent ce « back stage » : savoir ce qui se passe vraiment, derrière les messages officiels. Ne pas l’ignorer, ne pas le nier, mais le prendre en compte, ça rassure.

Les théories de communication sociale

Les travaux de sciences de l’information et de la communication insistent sur le contexte (idéologique, économique, social), sur les rapports de pouvoir dans la communication (qui parle, qui reste silencieux), sur la construction du sens. Dans un moment où beaucoup ressentent que le « système » les contraint, ce sont ces dimensions là de parole et de reconnaissance qui font la différence.

Les théories de la communication : sens, sujets, savoirs de Paul Attallah

Cet ouvrage explore les liens entre communication, subjectivité et savoirs, en abordant les enjeux sociaux de la communication. Il analyse comment les significations sont construites et influencent les interactions sociales.

 

You just call on me brother when you need a hand – Tu peux compter sur moi, mon frère, quand tu as besoin d’aide.

We all need somebody to lean on – Nous avons tous besoin de quelqu’un sur qui se reposer.

I just might have a problem that you’ll understand – Il se pourrait que j’ai un problème que tu puisses comprendre.

We all need somebody to lean on – Nous avons tous besoin de quelqu’un sur qui se reposer.

Ces mots rappellent qu’il y a toujours un lendemain, que même dans les moments difficiles, le lien humain, le soutien mutuel et la communication sincère permettent de traverser les tempêtes.

Communiquer quand ça va mal ne doit pas être pensé comme un moment exceptionnel mais comme une posture possible, qui met l’humain au cœur. C’est accepter d’être vulnérable, être transparent tout en restant professionnel, être empathique tout en prenant ses responsabilités.

Les moments de vérité, d’écoute et de respect mutuel créent du lien. Ils préparent le redressement, renforcent la loyauté, et donnent un sens commun au groupe.

Osons !

 

Points clés

Points clés

Dans cet article, Virginie Gonzalez nous divulgue ses bons conseils pour une communication qui chante :

  • La communication en conscience est essentielle en période de difficulté : elle repose sur l’écoute, la sincérité et la mise en avant de l’humain, tant en interne qu’en externe.

  • Reconnaître sa vulnérabilité et partager ses doutes en tant que dirigeant renforce la confiance et la cohésion des équipes.

  • La transparence et le respect dans la communication externe (clients, partenaires, fournisseurs) permettent de préserver la confiance même en temps de crise.

  • Les outils et approches comme la CNV, la mise en scène de Goffman ou la communication sociale offrent des repères concrets pour instaurer des relations authentiques et durables fondées sur le sens, l’écoute et la solidarité.

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