Qu’est-ce que la notion d’impact et comment la différencier de l’influence ?
Avant d’aller plus loin, je souhaite faire une distinction entre les termes influence et impact. Sont-ils si différents?
L’influence est la capacité d’affecter les pensées, les comportements ou les décisions des autres, souvent de manière subtile et/ou indirecte.
C’est un effet généralement continue. Elle peut se manifester à travers la persuasion (utilisation de la communication pour convaincre), le charisme (attraction personnelle qui inspire confiance et admiration) ou l’expertise (reconnaissance des compétences ou connaissances). L’influence peut se produire avec ou sans position de pouvoir formel.
Qu’en est-il de l’impact ? Est-ce si différent ?
La notion d’impact met en avant plutôt un choc, un retentissement. L’impact est l’effet durable produit par quelqu’un ou quelque chose, en d’autres termes, la conséquence significative positive ou négative d’actions ou de personnes sur l’environnement, la société, la culture ou l’économie.
Ces notions ont des résonances évidentes dans le domaine personnel, mais également professionnel et surtout médical ou thérapeutique. Je vais faire un parallèle avec ces domaines, car étant praticienne en kinésiologie et énergétique NIJI, j’ai pris conscience de l’impact que nous pouvions avoir sur la vie des consultant.es.
Lorsqu’il est question de savoir absolu sur certains domaines, les personnes ne peuvent que faire confiance à ceux qui détiennent la connaissance.
Par exemple, la médecine traditionnelle possède depuis toujours une posture professionnelle très influente. Elle dispose d’un pouvoir immense puisque le savoir leur appartient. Nous ne pouvons pas tous être spécialistes en immunologie ou en cancérologie, ni même médecin. Dès lors, quand nous y sommes confrontés dans la maladie, nous n’avons pas d’autre choix que de faire confiance… et c’est là où ce pouvoir implique de grandes responsabilités.
Ce qui est vrai dans la médecine est vrai pour les thérapies dites new-âge. Les consultants arrivent avec peu de connaissances sur le domaine mais en savent bien plus sur leur maladie ou leur mal-être que nous, souvent. C’est pourquoi il est impératif de toujours établir une relation saine.
Je m’inspire ici d’Irvin Yalom qui considère la relation thérapeutique comme un pilier central de la psychothérapie et de la guérison. Voici les 5 aspects clés qu’il met en avant et qui me semblent pertinent pour établir une connexion avec un impact sain :

1- L’importance de la connexion
Il s’agit d’une rencontre humaine entre deux personnes avant d’entrer dans une relation d’accompagnement. Les fondements de cette rencontre se basent sur la confiance, la sécurité des confidences et de l’engagement des deux parties.
L’impact de cette connexion permet au consultant de se sentir entendu et compris, ce qui peut ouvrir la voie à des révélations et des changements profonds. Cette connexion peut également l’aider à surmonter les résistances et les défenses qu’il pourrait rencontrer lors des consultations. Si la rencontre n’a pas lieu, demandez-vous si vous êtes au bon endroit !
2- L’authenticité et l’empathie du praticien
Le thérapeute doit être authentique et montrer une véritable empathie. Cela implique d’écouter activement et de s’engager émotionnellement avec le patient dans une certaine mesure. En résumé, il s’agit de la capacité du thérapeute à comprendre les sentiments, les pensées et les expériences du consultant, et à poser des questions lorsqu’il ne comprend pas. Avoir une vraie réaction authentique aura comme impact de créer un climat de confiance et de permettre à la vulnérabilité de la personne de s’exprimer.
3- La transparence et le partage d’expériences sélectionnées
Yalom plaide pour une transparence de la part du thérapeute, qui peut parfois partager ses propres expériences. Cela aide à humaniser la relation et à encourager le patient à s’ouvrir plus. Attention au partage des expériences! Cela doit toujours rester pertinent dans le cadre de la thérapie du consultant et ne jamais mettre le focus sur le thérapeute.
4- La personnalisation de l’approche et l’écoute active du consultant
Il est essentiel d’adapter l’approche thérapeutique aux besoins spécifiques de chaque personne. La flexibilité et la créativité sont des outils nécessaires pour s’adapter aux dynamiques uniques de chaque relation. Pour Yalom, la thérapie est un espace où les histoires humaines sont entendues, comprises et transformées, conduisant à une guérison et à une croissance personnelle. Chaque histoire est différente, chaque énigme à sa réponse.
5- Le soutien et la sécurité du consultant
Le thérapeute doit créer un espace sûr où le consultant se sent soutenu et libre d’explorer ses pensées et ses émotions sans crainte d’être jugé. En créant un environnement où les consultants se sentent compris, acceptés et en sécurité, le processus de guérison est alors favorisé grâce à une alliance thérapeutique efficace pour aider les consultants à atteindre leurs objectifs.

A la lumière de ces 5 aspects, vous pouvez imaginer l’impact que la posture du thérapeute peut avoir dans la vie des consultants. Irvin Yalom dit que :
« Le lien humain est la pierre angulaire de la guérison. La relation thérapeutique est le principal facteur de changement en thérapie. »
Encore une fois, le lien humain est au centre de tout… C’est pourquoi je m’assure que ma posture est respectueuse de la personne qui vient faire appel à mes services. Déjà parce que parfois, il aura fallu beaucoup de courage et de temps à cette personne pour faire la démarche de prendre rendez-vous, et aussi parce que parfois elles sont effrayées par la vulnérabilité dans laquelle elles se retrouvent.
Est-ce que j’ai pris conscience de cette étape cruciale à mes débuts? Oui et non. Je n’en avais pas mesuré tous les impacts et conséquences.
Ai-je fait des erreurs? Evidemment ! J’ai grandi… je me suis formée, j’ai consulté moi-même quand il le fallait et surtout face à mon seuil de compétences, j’ai pris la décision en toute transparence d’envoyer mon consultant ailleurs. Ce qui, à mon sens, renforce aussi le lien thérapeutique.
Il est important de mesurer l’impact et l’onde de répercussion que l’on peut avoir sur la vie d’une personne que ce soit dans un cabinet, sur Instagram ou en tant que leader.es. Je dirais même que plus notre pourvoir/influence est grand.e, plus il implique notre responsabilité et notre devoir d’être le plus juste possible dans l’écologie de la personne.
A l’heure où le biais cognitif est de mise sur les réseaux et sur internet, couplé à notre capacité d’attention qui frôle les 3 secondes, j’avais envie de vous faire un point sur ce que je vois passer quand on se déconnecte de Soi et qu’on prend les paroles des autres pour vérité.

L’impact thérapeutique, les écueils
Les praticiens doivent donc être attentifs aux effets secondaires, à l’adhérence au traitement et au soutien psychologique nécessaire pour accompagner les personnes. Imaginez qu’une personne prend conscience de quelque chose de lourd en séance et bouleverse sa vie… Le praticien doit s’assurer qu’il ou elle est capable de désamorcer cette bombe ou au moins, d’en absorber la déflagration. Pour cela, la relation de confiance et le lien établi est primordial pour laisser cette part vulnérable s’inviter dans la vie du consultant.
Les consultants nous font confiance dans ce que nous leur disons, et leur degré de vulnérabilité fait varier leur discernement. Et c’est normal, car nous sommes porteurs de la compétence et du savoir. Ils sont vulnérables donc facilement sous influence. Il est donc dans le devoir du praticien/professionnel de savoir garder sa posture, tout en étant capable d’accueillir le consultant dans son intégralité, sans jugement, avec empathie, authenticité, avec transparence sur le travail qui sera effectué. Gros taf, n’est-ce pas?
La culture du bien-être est devenue un vrai business et celle-ci ne peut maitriser parfois l’impact que peuvent avoir certaines formations, consultations, paroles sur leur consultant.
Aujourd’hui, je prends avec des pincettes les phrases toutes faites, les injonctions, les certitudes, je me méfie des personnes qui négligent le mal-être d’un consultant en lui disant que rien n’arrive pas hasard dans une vie. Certes, l’inconscient cherche à créer du chaos pour reconstruire, mais on ne peut pas ignorer le traumatisme et la souffrance de la personne.
Celle-ci parfois a juste besoin d’être vue, d’être reconnue. C’est ainsi que je me retrouve parfois avec des consultants avec un système d’alarme au plus haut, qui attendent des signes de l’univers pour prendre des décisions et/ou pour vivre leur vie. Que des personnes arrivent en me disant qu’ils sont accros au développement personnel, qu’ils achètent des dizaines de formations en ligne qu’ils ne font pas et qui finissent par se détester parce qu’ils se trouvent nul.les et que surtout ils ne vont toujours pas mieux.
En vérité, on ne s’improvise pas thérapeute ou psychologue ou encore pro du développement personnel, cela nécessite de la passion pour l’humain, de la connaissance sur la psychologie humaine, de l’humilité face à ce que les consultants ont traversé, de continuer de travailler sur soi et surtout, de mesurer cet impact que nous avons. Toute vérité n’est pas bonne à dire juste parce que l’on a compris ou que l’on sait ce qui fait souffrir une personne. Elle a parfois besoin de pudeur et de le découvrir elle-même.
Bien entendu, je ne parle pas d’un diagnostic médical. Aucune thérapie ne se substitue à un traitement médical. Elle peut en être un accompagnement (souvent bénéfique) mais elle ne le remplacera jamais.
Pour conclure, il me semble donc que l’objectif est de toujours laisser les personnes repartir avec leur libre arbitre et même quand ils l’ont perdu ou ne se font plus confiance, notre travail est de leur permettre de le retrouver au fur et à mesure des consultations.
Encore une fois, vous êtes le chemin !