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Leadership Masculin VS Leadership Féminin

Le leadership ne s’oppose pas entre masculin et féminin : il se nourrit des deux, entre performance, structure et intelligence émotionnelle. Le modèle le plus efficace est hybride, construit par l’expérience et renforcé par la complémentarité des équipes.
Kobe Myaro
Ancien handballeur professionnel et diplômé d’un master IMOS, dirige le Sporting Village Toulouse et Blagnac, un lieu innovant mêlant sport, restauration, coworking et hôtellerie. Engagé dans des projets alliant performance, bien-être et impact social, il anime aussi « En tête à tête », des conférences explorant le lien entre parcours sportifs et monde de l’entreprise.

Si vous souhaitez écouter l’article en version audio :

Lorsque l’équipe de Konxus m’a invité à écrire un article sur l’équilibre entre le leadership masculin et le leadership féminin, j’avoue au départ ne pas avoir très bien compris la question.

Je dirai même plus, je venais d’apprendre que ces deux termes existaient en management, qu’ils étaient même « approuvés ».

Parle-t-on de la place de la femme en entreprise ? Des différences de management entre hommes et femmes ? Honnêtement, j’étais dans le néant total.

Ce qu'il faut savoir

Ce qu'il faut savoir

Leadership Masculin vs Leadership Féminin

J’ai donc commencé par chercher la définition et suis tombé sur ces précisions :

Le leadership féminin repose davantage sur l’écoute, l’intelligence émotionnelle, la coopération et le sens. Il privilégie l’intelligence collective, l’engagement des équipes et une performance durable, intégrant le bien-être humain. Cette conduite est associée à certains soft skills comme le charisme, l’intelligence émotionnelle, un altruisme fort et un management dit d’influence.

Le leadership masculin s’appuie lui plus souvent sur la décision rapide, la structure, l’autorité hiérarchique et l’atteinte d’objectifs mesurables. Il est particulièrement efficace dans les contextes de croissance, de transformation ou de crise. Les hommes leaders sont parfois perçus comme étant plus directifs et axés sur la performance et les résultats.

C’est en lisant ces définitions que j’ai compris que ce sujet ne m’était pas étranger mais profondément intime, gravé dans mon histoire personnelle, car c’est l’Histoire qui construit les Hommes.

Une éducation et un environnement formatifs

J’ai grandi dans une famille de cinq enfants, et nous avons été éduqués tous les cinq seulement par notre maman. J’étais le seul garçon, et qui plus est, le dernier.

En définitive, mon éducation a été réalisée par ces femmes, dans un quartier défavorisé (la Reynerie au Mirail à Toulouse) et dans un contexte d’immigration dans les années 80-90.

Ma mère, femme courage, a su mener à bien notre éducation seule, tout en travaillant pour subvenir à tous nos besoins. C’était le manager de l’équipe. Elle savait être douce et ferme en même temps, méthodique et organisée, en créant une organisation où tout le monde devait mettre la main à la patte avec des rôles bien précis dans le cadre familial.

Mes sœurs avaient à la fois le rôle de grandes sœurs mais aussi de maman pour moi, le petit dernier. C’était vraiment ses suppléantes. La responsabilité collective était la norme.

Lorsqu’un conflit éclatait dans la maison, elle savait nous réunir tous pour échanger et trouver des solutions. Les rassemblements familiaux n’étaient pas une option, et aussi une opportunité pour régler des soucis, conflits internes, tous ensemble.

 

 

Expériences personnelles et modèles de leadership

Trois de mes sœurs ont eu une vie personnelle et professionnelle réussie, en particulier l’une d’entre elles, Nodjialem Myaro : 151 sélections en équipe de France, ancienne championne du monde de handball, présidente de la ligue féminine de handball, psychologue, préparatrice mentale, chevalière de la légion d’honneur, et mère de deux jumeaux !

Une force prônant le respect familial et une autorité naturelle reconnue par ses pairs, mais surtout un guide pour nous tous pour réussir et montrer la voie. C’est le capitaine de l’équipe.

Ma première équipe de handball était coachée par une femme qui a su tenir une équipe de jeunes effrontés de 17 ans d’une main de maître.

J’ai effectué mon deuxième emploi étudiant chez la mère de mon meilleur ami qui tenait une des meilleures boulangeries de Toulouse. Une femme d’affaires brillante, douce et ferme à la fois. La définition même d’une main de fer dans un gant de velours.

Mon premier travail à 35h était sous la direction d’une femme, directrice de Sporting Form (salle de sport), qui arrivait dans un monde de la remise en forme plutôt « mâcho » à cadrer les équipes sportives et commerciales, avec un sens de l’organisation fort et une autorité naturelle.

Parallèlement, dans le handball professionnel, j’ai été coaché par des hommes dits « durs », froids au travail, fermes et autoritaires. Dans le sport de haut niveau, on n’a pas le temps d’attendre. Tout doit aller vite pour performer. Le management est donc plutôt directif et autocratique. C’est l’entraîneur qui pilote, qui sait où il va.

J’ai appris beaucoup de choses grâce à ces hommes dans un cadre de sport de haut niveau, ce qui m’aide aujourd’hui à piloter mes activités.

On peut donc dire que mon expérience personnelle est passée par des hommes et des femmes qui ont incarné le leadership masculin et féminin, à tour de rôle tout au long de mon histoire et donc de ma construction.

C’est sûrement la raison pour laquelle ce sujet semblait difficile à comprendre pour moi, car il est sûrement tout simplement ancré en moi.

Mon management est souvent perçu comme directif, mais aussi tourné sur le développement des personnes et un accompagnement attentionné.

J’ai une préférence pour la construction et la participation avec une vraie recherche de travail sur le long terme et une attention portée sur l’humain.

J’ai besoin de savoir si mes collaborateurs vont bien, afin de tirer le meilleur d’eux, sans être trop intrusif.

Une part de moi est clairement dans le leadership féminin, ce qui explique que je suis très attentif à la diversité des regards et des sensibilités dans mon management. C’est la raison pour laquelle mon top management est constitué d’hommes et de femmes pour une parfaite complémentarité.

C’est la clé du succès. Leurs forces sont nos faiblesses. Je ne sais pas si l’inverse est vrai mais cela permet une structuration équilibrée du management.

Et pour aller plus loin, le top management n’est pas le seul concerné. Il existe une parité parfaite dans les salariés du Sporting Village.

Il est vrai que dans mes recrutements je suis aussi attentif à cet équilibre. Mon équipe de coachs sportifs doit être parfaitement complémentaire pour répondre aux besoins clients.

 

 

Un leadership hybride

Je crois donc que le meilleur leadership est hybride : un savant mélange entre le féminin et le masculin.

Il se cultive, ou se compose.

Mes expériences personnelles m’ont appris à avoir la fermeté, l’autorité, tout en restant vigilant sur les émotions et la coopération.

Et parce que l’équipage est mixte, cette autorégulation est permanente.

Si vous avez la chance de l’avoir en vous, tout comme je pense l’avoir en moi, servez-vous en.

Si ce n’est pas le cas, composez vos équipes pour récupérer la force de ces deux modèles.

La force des meilleurs leaders est de savoir parfaitement s’entourer.

Et ce n’est pas parce que l’objectif RSE de l’ONU cherche à réaliser l’égalité des sexes qu’un manager se doit d’en faire un dogme.

C’est un réel enjeu pour améliorer le fonctionnement et la performance de son entreprise et de son équipe : tirer le meilleur en se servant des forces et des différences des hommes et femmes qui la composent.

Points clés

Points clés

Ce qu’il faut retenir de cet article écrit par Kobe Myaro :

  • Deux styles de leadership complémentaires : Aucun n’est supérieur : ils répondent à des besoins différents selon les contextes.
  • Le leadership se construit par l’histoire personnelle : Le leadership n’est pas inné, il est façonné par l’environnement et les modèles rencontrés.
  • La complémentarité est une force stratégique : La mixité devient un levier concret d’efficacité et de cohésion.
  • Le leadership idéal est hybride : Un bon leader sait soit développer cette dualité en lui, soit s’entourer pour l’incarner collectivement.

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