Rêve dans l'entreprise

Le rêve entre trésor managérial et joyau marketing !

Le rêve en entreprise, outil créatif, d’intelligence collective en entreprise, de marketing pour générer un sentiment et d’engagement des salariés.
Virginie Gonzalez
Co-fondatrice de Konxus Media et Dirigeante engagée de l’agence de communication Agence ho5, elle milite pour le marketing heureux© ou l’idée que la communication et le marketing ne sont destinés à la seule recherche du profit mais aussi (et surtout) à celui de l’épanouissement de l’humain.

Si vous souhaitez écouter l’article en version audio :

On dit du rêve qu’il est l’élément fondateur de tout projet. A-t-il, à ce titre, une place prépondérante dans la vie de l’entreprise ? 

On dit du rêve qu’il est l’élément initiateur d’une œuvre collective. Peut-il alors devenir un moyen d’engagement durable d’individus auprès d’une marque comme des salariés au sein d’une entreprise ?

Découvrons ensemble comment le rêve dans le monde professionnel est à la fois source de créativité et d’engagement.

Qui regarde dehors rêve. Qui regarde à l’intérieur se réveille. C. Jung

Ce qu’il
faut savoir

Ce qu'il faut savoir

Le rêve, point de départ du processus créatif d’un projet, d’un produit ou d’une entreprise

Le Docteur Patrick Lemoine, auteur de Vingt mille lieux sous les rêves, affirme :

« une certaine créativité émerge de nos rêves car endormis, notre raison se met en veille pour laisser place à des associations insolites, et parfois géniales qui peuvent mener à de grandes idées« .

C’est le cas d’Einstein et la découverte de la théorie de la réalité ou de Paul McCartney des Beatles pour l’écriture des paroles de leur chanson culte Let it be !

Nous vous avons dévoilé dans notre article Le rêve, remède aux vertus curatives et créatrices, les 4 étapes clés du processus de création qui sont :

  1. Rêvez votre projet 
  2. Concrétisez votre rêve 
  3. Matérialisez votre rêve 
  4. Partagez votre rêve

 

Partager un rêve en entreprise, c’est générer un sentiment d’appartenance, c’est-à-dire un lien affectif entre l’entreprise et ses collaborateurs. Ce sentiment trouve son origine dans le partage de vision et d’objectifs communs. Un collaborateur qui s’identifie à son entreprise, adhère à ses valeurs et ses actions, a le sentiment de contribuer  et d’appartenir à un projet plus grand, vecteur d’implication et de motivation.

 

 

Le rêve au service de l’intelligence collective en entreprise

 Dans un contexte de sortie de crise covid et d’un climat tendu de crise sociale, économique et écologique et politique, la tâche est ardue pour les entreprises de redonner du sens et de la valeur. Les bouleversements individuels, collectifs et organisationnels sont si nombreux, que les entreprises sont forcées de se réinventer. Tous les exercices autour du sens, des valeurs partagées et des missions collectives dans l’organisation s’en retrouve chamboulés.

Il faut à présent, relancer le processus de création collective basé sur des projets résilients et inspirants, permettant de projeter l’organisation dans un « nouveau monde ».

C’est là que l’intelligence collective entre en jeu. Elle est définie par le philosophe Pierre Lévy, comme « une intelligence partout distribuée, sans cesse valorisée, coordonnée en temps réel, qui aboutit à une mobilisation effective des compétences. »

Elle pousse les collaborateurs à mobiliser leurs connaissances afin de stimuler leur créativité tout en s’impliquant comme de véritables acteurs et contributeurs du projet commun. Dynamique vertueuse, elle permet de déjouer les dissensions et de construire, ensemble, une vision fantasmée de l’entreprise.

 

 

Connaissez-vous Le rêve du Dragon ? C’est une méthode d’intelligence collective, originaire d’Australie et inspirée de la culture aborigène, développée par John Croft. Cette méthode, travaillée en groupe de 6 à 12 personnes, vise à :

  • Identifier et mobiliser les sources de motivations des participants et les potentiels de synergies
  • Construire un projet gagnant-gagnant en veillant à nourrir les différentes aspirations
  • Accompagner la mort du projet individuel et la naissance du projet collectif
  • Fédérer l’équipe autour du projet collectif par la célébration
  • Apprendre à se connaître et à connaître les autres à travers nos sources de motivations
  • Re-synchroniser les anciens sur les intentions de projet et inclure les nouveaux

 

Si vous n’avez pas encore mis en place l’intelligence collective au sein de votre organisation, ce n’est pas trop tard ! Il n’y a qu’un pas pour construire l’entreprise de vos rêves ! 🙂

 

intelligence collective

 

Le rêve, référence onirique au service du marketing

 

Abordons maintenant ensemble un autre enjeu du rêve dans le monde de l’entreprise ; un univers qui me touche directement, en tant que dirigeante d’une agence de communication ; une évolution des mœurs qui m’a poussé à remettre en question le modèle du marketing dont la seule ambition était de servir une volonté de profit et de chiffre d’affaires.  Une réussite commerciale n’est rien sans l’aventure humaine qui s’y rattache ; c’est ce que j’appelle le marketing heureux ©.

Et oui, car j’ai aussi un rêve fou, partagé avec mes équipes, celui d’œuvrer pour une communication qui remet l’humain au centre de l’équation.  Une ambition rêvée de mettre le marketing et la communication au service de la désirabilité et de la profitabilité des entreprises, oui, mais surtout au service d’entreprises dans lesquelles l’humain s’épanouit.

Laissez-moi vous conter l’évolution du marketing !

C’est sur les grands principes du rêve individuel et collectif que les grands stratèges du marketing ont fondé leurs campagnes, se basant sur les figures symboliques les plus courantes pour orienter leurs messages publicitaires.

L’expression « vendre du rêve » en marketing, a pour  définition, le fait de faire rêver dans un but de commercialiser un produit.

Steve Jobs fondera les meilleures années de réussite d’Apple sur ce principe : « sell dreams, not product » (vendez des rêves et non des produits). Pendant les décennies passées à la tête de la marque à la pomme, la technicité ou l’usage d’un produit ne seront jamais les points d’orgue de leur communication, privilégiant la promesse d’un bénéfice bien plus grand, celui de transformer sa vie pour le meilleur.

 

 

Ce concept marketing est basé sur le partage d’émotions. Avant de vendre du rationnel, il s’agit de proposer de l’émotion, via le storytelling, les lovebrand ou des bénéfices exaltés.

D’aucun pensait que si le produit faisait rêver, il déclencherait des émotions, que cela suffirait pour vendre.

On a tous en tête, les publicités de lingerie des années 90 avec corps parfaits, celles des régimes alimentaires miraculeux ou bien encore des activités sportives pour un corps sculpté sans effort ni contrainte.

Même le titre de l’ouvrage Miracle morning, best seller littéraire, ne nous invite-t-il pas au rêve absolu de toute puissance ? Promettant de réussir sa vie par des matins « miraculeux » !

Derrière ces rêves individuels, les marques vont plus loin en travaillant sur des concepts d’idéal commun.

 

Industrie de la glisse

 

C’est le cas, par exemple, de l’industrie de la glisse, qui pendant de longue années, a basé son incroyable réussite sur l’invitation à partager l’idéal d’une communauté, pourtant toute petite à l’échelle du monde, la communauté des surfeurs. En s’offrant des produits de ces marques emblématiques, le consommateur lambda s’achetait un bout de leur rêve, de leur idéal de vie, de leur quête de liberté absolue. Grâce à eux, il pouvait se rêver partie prenante d’un monde à la beauté sublimée (magnifiques paysages, corps d’athlètes, femmes bronzées et sportives, vie au bord de l’eau, voyage dans des contrées exotiques…).

Avec des enseignes comme Quiksilver, Rip curl ou Billabong, le sentiment d’appartenance autour de la marque était entretenu par la communication et la mise en avant d’ambassadeurs acteurs de leur vie « idéale ».

Avec ses lovebrands, ni le prix, ni le produit n’entrait comme critère dans l’acte d’achat. Seul comptait la sensation de ralliement à une communauté qui faisait rêver.

 

Rupture de sens et injonction de faire du rêve, une réalité.

 

Passés ces années prospères pour les cadors du marketing, vint la période de vache maigre, celle du point de rupture. Finis les faux semblants, les concepts marketing rocambolesques, les idéaux inaccessibles car trop éloignés de la réalité quotidienne. Le marketing est mort ! Vive le marketing !

Vint alors l’avènement de la mise à mort des concepts prenant le consommateur pour un benêt. On parle alors durant la dernière décennie de green washing, de pink washing, brown washing, rainbow washing…  et j’en passe !

La société de consommation touche le fond et se retrouve en crise ; crise de croissance, crise de conscience. La grande distribution souffre. Même les marques porteuses de sens sont challengées pour apporter du vrai au rêve.

C’est alors une toute autre mission qui est demandé à la marque, celle de nous entrainer avec elle vers un idéal de sens.

On parle de nos jours, de marque employeur, de marque engagée, de marque responsable… De nouvelles formes de concepts marketing qui sont au service du même but, c’elle d’un idéal de sens.

Ce rattachement à un projet de marque, c’est la réponse que l’individu trouve dans la société de consommation à sa quête de sens.

 

 

Il semblerait que nous ayons glissé individuellement d’une recherche d’une vie exceptionnelle basée sur la réussite ou la liberté absolue ; soit une quête individuelle d’une meilleure vie à une quête collective d’un monde meilleur. Une prise de conscience collective que notre société, notre planète va mal et que notre rêve idéal est de vivre dans un monde en paix, éveillé et éclairé.

Quand la perte de sens est trop importante et que le chemin à parcourir semble long et difficile ; quand agir contre le réchauffement climatique, la guerre, le sexisme ou le racisme nous semble un rêve inaccessible individuellement, alors quoi de plus légitime que de nous reposer sur un objet accessible, qui peuple notre quotidien, la marque. Accorder notre acte d’achat prend aujourd’hui des airs de bulletin de vote.

Les marques deviennent les dépositaires de nos exigeantes sociétales, remplaçant le rôle de nos pouvoirs politiques en qui nous avons perdu confiance.

Accorder notre crédit, notre amour et notre porte-monnaie à une marque est aujourd’hui conditionné à l’engagement porté par celle-ci.

La marque, détentrice des clés de notre rêve nous permet de nous sentir engagé collectivement et devenir acteur du changement.

Alors, si nous nous référons à nouveau à C. Jung, la marque, porteuse de rêve, serait-elle devenue un traitement thérapeutique dont le but serait de combler nos manques et atteindre notre rêve commun d’un monde meilleur ?

Notre rapport au marketing et à la consommation apparait ainsi révélateur de nos mœurs et de nos états d’âmes individuels et collectifs.

 

Acteur du changement

 

Si consommer a pour mission de combler un manque et qu’aujourd’hui nous souhaitons consommer plus responsable ; si le rêve a pour mission de résoudre les problèmes de notre société, cela signifie-t-il que notre manque s’est accentué ou que nous nous sommes réveillés à un niveau de conscience plus élevé ?

Je vous laisse méditer cette interrogation en citant une dernière fois C. Jung :

« Qui regarde dehors rêve. Qui regarde à l’intérieur se réveille. »

Comme quoi les rêves ont encore de nombreux apprentissages à nous dévoiler !

Comment incarner la raison d’être d’une entreprise collectivement

. respecter ses collaborateurs

. s’entourer de personnes qui ont la même vision

. S’assurer de la clarté de la mission pour  tous

. Intégrer la raison d’être dans les opérations quotidiennes

. Savoir mobiliser ses collaborateurs tout en restant cohérent avec la vision, la mission et les valeurs de l’entreprise, c’est tout l’art du leadership!

Points
Clés

Points clés

Le rêve est partout dans la vie de l’entreprise. Il est tour à tour :

  • le point de départ du processus créatif d’un projet, d’un produit ou d’une organisation
  • au service de l’intelligence collective en entreprise pour bâtir une œuvre commune
  • un pilier du marketing pour générer un sentiment d’appartenance autour d’une marque
  • un facteur d’engagement collectif autour de la mission d’une entreprise

Aller plus
loin

Aller plus loin

Retrouvez notre article sur les 4 clés du processus de création par le rêve :

Liens &
ressources

Liens & Ressources

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Un impact direct
dans votre boite mail

Recevez du contenu exclusif, des ressources et des outils pour vous accompagner dans votre transformation personnelle et professionnelle.