Leadership en crise : quelles sont les causes du manque d’exemplarité ?
Évidemment, cette situation peut être liée aux personnes qui constituent l’équipe, à leurs compétences, leurs savoir-faire. Evidemment.
Aussi cela peut être aussi lié au sens, à la finalité de cette action, ou de ce projet. Ce point est très majeur et reprend tout le sujet de la vision partagée, du Pourquoi et Pour Quoi. Je n’y reviendrai pas présentement, même si cela a fait l’objet de quelques lignes précédentes.
Ici, je souhaiterais insister sur un point, celui plus systémique des relations entre les personnes.
Si vous êtes confrontés à la situation posée plus haut, je vous invite à vous poser la question suivante : les membres de mon équipe ne prennent pas suffisamment d’initiatives, je souhaiterais qu’ils soient plus proactifs. Ok.

Leadership exemplaire : les questions à se poser pour mieux se guider
Je nous invite donc à nous poser les questions suivantes :
- Comment est-ce que je fonctionne de mon côté ?
- Est-ce que j’accepte le cadre de coopération, de relation pour qu’ils expriment vraiment ce qu’ils pensent.
- Quelle est ma façon de réagir lorsqu’il y a un problème ?
- Quelle est ma réaction courante lorsqu’ils proposent quelque chose, y compris le très bénin et « insignifiant » à mes yeux ?
- Quelle place j’accorde à cette proposition ?
- Quelle est ma façon de procéder quand ils me font une proposition ? entre deux portes ? Quelle est ma posture ? en général, quel est l’environnement ?
- Comment ai-je défini le « cadre » de cette autorisation à proposer ? l’ai-je défini d’ailleurs ce cadre ?
- Dans le fond, est-ce que j’accorde vraiment de la place à cette prise d’initiative ?
- Quelle est ma réaction lorsque l’idée, la solution me semble inappropriée ?
Désolé de vous décevoir… il est fort à parier, si les éléments de compétences, d’expériences, sont réglés, que le sujet soit en fait chez vous !!!
L’organisation est un très beau système de mimétisme, plus ou moins conscient, dans lequel les choses, les réactions, les comportements, les modalités relationnelles ont tendance à se reproduire.
Je ne suis pas spécialiste de systémie mais sûrement qu’il y a quelque chose du Système dans cette reproduction.
Si le Chef ne devient pas manager, voire leader, s’il ne change pas lui-même, le système ne peut pas changer !
J’ai eu un jour un formateur en management qui disait une phrase que je trouvais violente : le poisson pourrit toujours par la tête. Cela s’applique évidemment beaucoup au management, à la délégation, à l’esprit d’initiative voire de responsabilité.
Si je ne change pas, les autres ne change pas. C’est maintenant pour moi une évidence.
Le rôle du N+1 dans le système de leadership
Toutefois, ce n’est pas suffisant.
Je change, je peux donc faire changer le système. Ok chouette ! mais pas complètement parfois, difficilement dans d’autres cas…
Si vous êtes amené à travailler avec une personne N-1 d’une organisation, en collaboration dans une organisation, en qualité de N+1, ou encore en qualité de coach, vous constaterez peut-être que la personne a beau essayer, mettre en place des choses, elle peut continuer à être en difficulté.
Dans tel cas, regardez ce qu’il se passe dans la relation avec vous si vous êtes son N+1, avec son N+1 si vous êtes un peu à l’extérieur. Car le mimétisme que j’évoquais tout à l’heure est aussi descendant avec le boss ! si le N+1 ne laisse pas de place à l’initiative avec son N-1, si à chaque fois que celui-ci propose il se fait remettre à sa place, moquer, critiquer, il est tout à fait possible que le N-1 reproduise avec son équipe ce fonctionnement.
Le N+1 peut même demander à son N-1 davantage d’initiative…
Le Système est alors complètement en boucle négative… impossible de se sortir.
Le manager intermédiaire (N-1 dans mon exemple) pourra mettre des choses en place, faire bouger des lignes. Mais cela nécessitera beaucoup d’énergie pour peut-être des résultats limités.
Le changement chez le N+1 est alors indispensable et cela passe par au moins la prise de conscience et donc l’ajustement.
Pour cela les exemples de questionnement ci-dessus peuvent être très utiles. Questionner son processus et son fonctionnement apporte forcément.

En synthèse,
Le changement c’est maintenant comme disait l’autre en son temps. Certes c’est maintenant et partout.
Pour ma part, en qualité de dirigeant, je me suis encore interrogé sur mon fonctionnement, devant la difficulté récurrente d’un de mes collaborateurs à faire évoluer son mode de fonctionnement et ses modalités relationnelles avec les membres de son équipe. C’est très instructif, c’est assez simple, cela prend évidemment un peu de temps pour se poser les questions et y répondre en toute sincérité et bienveillance.